Depuis près de neuf mois, le coronavirus est omniprésent dans la sphère médiatique. Les chiffres détaillés de l’épidémie sont publiés et commentés quotidiennement. L’inquiétude née s’accompagne de conséquences négatives sur les autres maladies en attente de traitements. Les malades du cancer sont directement concernés : les reports de diagnostics et de traitements ont aggravé les conséquences de la maladie.

 

L’urgence d’une situation qui retarde les diagnostics

 Face à l’épidémie, les gouvernements ont transféré une grande partie des ressources allouées à la santé à la prévention du coronavirus ainsi qu’au traitement des personnes touchées. Dès la première vague, de la place dans les hôpitaux a dû être libérée et la plupart des soignants ont été mobilisés à plein temps. De nombreuses opérations et traitements médicaux ont été repoussés dans le temps. Or, le facteur temps est essentiel dans l’optimisation des chances de guérison du cancer, ou du moins de stabilisation de la maladie.

La peur du virus pousse aussi certains malades à reporter, voire annuler leurs rendez-vous médicaux. Cette situation est devenue urgente. Selon Axel Kahn, le président de la Ligue Contre le Cancer, environ 30 000 dépistages ont été manqués pendant le premier confinement soit près d’un sur deux. Et cela ne se limite pas à la France : en Belgique, ce sont plus de 5.000 cas qui n’auraient pas été détectés depuis le début de l’épidémie; au Royaume-Uni, on estime que 250.000 patients n’auraient pas été redirigés en urgence vers les bons spécialistes entre avril et juin.

 

Le quotidien particulièrement difficile des patients

 Lorsque les patients atteints du cancer sont hospitalisés, l’isolement rend leur séjour plus lourd que d’ordinaire. Les visites sont limitées et les chambres ne sont pas forcément toutes équipées de tablettes ou d’ordinateurs. Le personnel soignant, protégé par les masques et combinaisons, ne peut plus soutenir les patients de la même manière : les sourires sont invisibles, les contacts rassurants sont proscrits, les temps de visites, et donc d’accompagnement, minutés.

Les patients doivent aussi faire face à une inquiétude supplémentaire. Les traitements du cancer fragilisent tellement le système immunitaire qu’il est facile même en temps normal pour les patients d’attraper une maladie qui leur sera mortelle. La nécessité d’éviter l’infection par le coronavirus prend alors des proportions insupportables. A la solitude s’ajoute donc la peur continuelle d’être en contact avec le nouveau virus.

 

Le nouvel enjeu de santé public

 Une augmentation des cas de cancer pourrait venir empirer la crise sanitaire actuelle. Cette possibilité découle directement du retard pris dans les diagnostics. Le nombre de cancer à un stade avancé sera multiplié, ce qui vient compliquer la facilitation des traitements . Selon l’Institut Gustave Roussy avec l’Inserm, il pourrait y avoir une surmortalité de 2 à 5% chez les malades atteints d’un cancer, ce qui représente 4.000 à 8.000 décès en plus d’ici à 2025. Il devient urgent de réagir dès maintenant : la communication sur la possibilité de se faire diagnostiquer et inciter à consulter en cas de symptômes inquiétants sont des enjeux majeurs. 

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